Le Dernier Jour d’un Condamné – Derniers chapitres | Français ⇄ العربية

Le Dernier Jour d’un Condamné ⚖️
اليوم الأخير لمحكوم عليه

Derniers chapitres — XVIII, XXII, XXIII, XXXIII, XXXVIII, XLII, XLIII

Chapitre XVIII — L’aube الفصل الثامن عشر — الفجر
Pendant que j’écrivais tout ceci, ma lampe a pâli, le jour est venu, l’horloge de la chapelle a sonné six heures. —
بينما كنت أكتب كل هذا، بهت مصباحي، لاح النهار، ساعة الكنيسة دقت السادسة. —
Le guichetier الحارس
Qu’est-ce que cela veut dire ? Le guichetier de garde vient d’entrer dans mon cachot, il a ôté sa casquette, m’a salué, s’est excusé de me déranger et m’a demandé, en adoucissant de son mieux sa rude voix, ce que je désirais à déjeuner
ماذا يعني هذا؟ الحارس المناوب دخل لتوه إلى زنزانتي، خلع قبعته، حياني، اعتذر عن إزعاجي وسألني، يلطف صوته الخشن قدر استطاعته، ماذا أرغب للفطور
⚡ Il m’a pris un frisson ⚡ ارتجفت — Est-ce que ce serait pour aujourd’hui ? — هل سيكون اليوم؟
Chapitre XXII — Le transfert الفصل الثاني والعشرون — النقل
Me voici transféré, comme dit le procès-verbal. Mais le voyage vaut la peine d’être conté.
ها أنذا منقول، كما يقول محضر الجلسة. لكن الرحلة تستحق أن تُروى.
Sept heures et demie السابعة والنصف
Sept heures et demie sonnaient lorsque l’huissier s’est présenté de nouveau au seuil de mon cachot. — Monsieur, m’a-t-il dit, je vous attends. — Hélas ! lui et d’autres !
السابعة والنصف كانت تدق عندما حضر المحضر مجدداً على عتبة زنزانتي. — سيدي، قال لي، أنا أنتظرك. — واهاً له ولآخرين!
Le dernier regard النظرة الأخيرة
Je me suis levé, j’ai fait un pas ; il m’a semblé que je n’en pourrais faire un second, tant ma tête était lourde et mes jambes faibles. Cependant je me suis remis et j’ai continué d’une allure assez ferme. Avant de sortir du cabanon, j’y ai promené un dernier coup d’œil. — Je l’aimais, mon cachot. — Puis, je l’ai laissé vide et ouvert ; ce qui donne à un cachot un air singulier.
نهضت، خطوت خطوة؛ بدا لي أنني لن أستطيع خطوة ثانية، كان رأسي ثقيلاً ورجلاي ضعيفتين. لكنني تمالكت وواصلت بخطى ثابتة إلى حد ما. قبل أن أخرج من الزنزانة، ألقيت عليها نظرة أخيرة. — لقد أحببتها، زنزانتي. — ثم تركتها فارغة مفتوحة؛ مما يعطي الزنزانة مظهراً غريباً.
Chapitre XXIII — Le friauche الفصل الثالث والعشرون — الفريوش
L’huissier m’accompagnait toujours. Le prêtre m’avait quitté pour revenir dans deux heures : il avait ses affaires. On m’a conduit au cabinet du directeur entre les mains duquel l’huissier m’a remis. C’était un échange… En attendant, on m’a déposé dans un petit cabinet attenant à celui du directeur. Là, on m’a laissé seul, bien verrouillé.
المحضر كان لا يزال يرافقني. الكاهن تركني ليعود بعد ساعتين: كان لديه أعماله. قادوني إلى مكتب المدير الذي سلمني إليه المحضر. كان تبادلاً… في الأثناء، وضعوني في غرفة صغيرة مجاورة لمكتب المدير. هناك تركوني وحيداً، موصداً عليّ جيداً.
L’éclat de rire القهقة
Je ne sais à quoi je pensais, ni depuis combien de temps j’étais là, quand un brusque et violent éclat de rire à mon oreille m’a réveillé de ma rêverie. J’ai levé les yeux en tressaillant. Je n’étais plus seul dans la cellule. Un homme s’y trouvait avec moi, un homme d’environ cinquante-cinq ans, de moyenne taille ; ridé, voûté, grisonnant ; à membres trapus
لا أعلم بماذا كنت أفكر، ولا كم من الوقت مكثت هناك، إذ قهقة مفاجئة عنيفة في أذني أفاقتني من حلمي. رفعت عينيَّ مرتعداً. لم أعد وحدي في الزنزانة. كان هناك رجل معي، رجل في نحو الخامسة والخمسين، متوسط القامة؛ متجعد، منحني، أشيب؛ ضخم الأطراف
Le dialogue الحوار
Qui êtes-vous ? lui ai-je dit enfin. — Drôle de demande ! a-t-il répondu. Un friauche. — Un friauche ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Cette question a redoublé sa gaieté. — Cela veut dire, s’est-il écrié au milieu d’un éclat de rire, que le taule jouera au panier avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six heures. — Ha ! ha ! il paraît que tu comprends maintenant.
من أنت؟ قلت له أخيراً. — سؤال غريب! أجاب. فريوش. — فريوش! ماذا يعني هذا؟ هذا السؤال ضاعف مرحه. — يعني، صرخ وسط قهقة، أن السجن سيلعب بالسلة مع رأسي بعد ستة أسابيع، كما سيفعل مع وجهك بعد ست ساعات. — ها! ها! يبدو أنك تفهم الآن.
Chapitre XXXIII — Les souvenirs d’enfance الفصل الثالث والثلاثون — ذكريات الطفولة
J’ai fermé les yeux, et j’ai mis les mains dessus, et j’ai tâché d’oublier, d’oublier le présent dans le passé. Tandis que je rêve, les souvenirs de mon enfance et de ma jeunesse me reviennent un à un, doux, calmes, riants, comme des îles de fleurs sur ce gouffre de pensées noires et confuses qui tourbillonnent dans mon cerveau.
أغمضت عينيَّ، ووضعت يديَّ عليهما، وحاولت النسيان، نسيان الحاضر في الماضي. بينما أحلم، ذكريات طفولتي وشبابي تعود إليَّ واحدة فواحدة، حلوة، هادئة، ضاحكة، مثل جزر من الزهور على هذه الهاوية من الأفكار السوداء والمشوشة التي تدور في دماغي.
Pepa بيبا
Et puis, quatre ans plus tard, m’y voilà encore, toujours enfant, mais déjà rêveur et passionné. Il y a une jeune fille dans le solitaire jardin. La petite Espagnole, avec ses grands yeux et ses grands cheveux, sa peau brune et dorée, ses lèvres rouges et ses joues roses, l’Andalouse de quatorze ans, Pepa.
ثم، بعد أربع سنوات، ها أنذا مجدداً، لا أزال طفلاً، لكنني بالفعل حالم وشغوف. هناك فتاة في الحديقة المنعزلة. الإسبانية الصغيرة، بعينيها الكبيرتين وشعرها الطويل، بشرتها السمراء الذهبية، شفتيها الحمراوين وخديها الورديين، الأندلسية ذات الأربعة عشر ربيعاً، بيبا.
Les jeux d’enfants ألعاب الأطفال
Nos mères nous ont dit d’aller courir ensemble : nous sommes venus nous promener. Pourtant, il n’y a encore qu’un an, nous courions, nous luttions ensemble. Je disputais à Pepita la plus belle pomme du pommier ; je la frappais pour un nid d’oiseau. Elle pleurait ; je disais : C’est bien fait !
أمهاتنا قلن لنا أن نذهب نركض معاً: جئنا نتنزه. ومع ذلك، قبل عام فقط، كنا نركض، كنا نتصارع معاً. كنت أنازع بيبيتا أجمل تفاحة في الشجرة؛ كنت أضربها من أجل عش طائر. كانت تبكي؛ وكنت أقول: هذا جزاؤها!
Chapitre XXXVIII — L’agonie الفصل الثامن والثلاثون — الاحتضار
Il est une heure et quart. Voici ce que j’éprouve maintenant : Une violente douleur de tête. Les reins froids, le front brûlant. Chaque fois que je me lève ou que je me penche, il me semble qu’il y a un liquide qui flotte dans mon cerveau, et qui fait battre ma cervelle contre les parois du crâne.
الساعة الواحدة والربع. إليكم ما أشعر به الآن: صداع عنيف. كليتان باردتان، جبهة ملتهبة. كلما نهضت أو انحنيت، يبدو لي أن هناك سائلاً يطفو في دماغي، يجعله يضرب بقوة على جدران الجمجمة.
Les tressaillements الارتعاشات
J’ai des tressaillements convulsifs, et de temps en temps la plume tombe de mes mains comme par une secousse galvanique. Les yeux me cuisent comme si j’étais dans la fumée. J’ai mal dans les coudes. Encore deux heures et quarante-cinq minutes, et je serai guéri.
لديَّ ارتعاشات تشنجية، ومن وقت لآخر يسقط القلم من يديّ كما لو بصعقة كهربائية. عينايَّ تحترقان وكأنني في دخان. مرفقايَّ يؤلمانني. بقي ساعتان وخمس وأربعون دقيقة، وسأكون معافى.
Chapitre XLII — L’enfant الفصل الثاني والأربعون — الطفلة
Le bon aumônier était assis au pied de mon lit, et lisait des prières. — Ai-je dormi longtemps ? lui ai-je demandé. — Mon fils, m’a-t-il dit, vous avez dormi une heure. On vous a amené votre enfant. Elle est là dans la pièce voisine, qui vous attend. Je n’ai pas voulu qu’on vous éveillât. — Oh ! ai-je crié, ma fille, qu’on m’amène ma fille !
الكاهن الطيب كان جالساً عند قدمي سريري، يقرأ صلوات. — هل نمتُ طويلاً؟ سألته. — يا بني، قال لي، لقد نمت ساعة. لقد أحضروا إليك طفلتك. إنها هناك في الغرفة المجاورة، تنتظرك. لم أرغب في أن يوقظوك. — آه! صرخت، ابنتي، ليُحضروا إليَّ ابنتي!
Chapitre XLIII — Marie الفصل الثالث والأربعون — ماري
Elle est fraîche, elle est rose, elle a de grands yeux, elle est belle ! On lui a mis une petite robe qui lui va bien.
إنها نضرة، إنها وردية، لها عيناها كبيرتان، إنها جميلة! ألبسوها ثوباً صغيراً يناسبها.
Les caresses المداعبات
Je l’ai prise, je l’ai enlevée dans mes bras, je l’ai assise sur mes genoux, je l’ai baisée sur ses cheveux. Pourquoi pas avec sa mère ? — Sa mère est malade, sa grand mère aussi. C’est bien.
أخذتها، رفعتها بين ذراعيّ، أجلستها على ركبتيّ، قبلتها على شعرها. لماذا ليس مع أمها؟ — أمها مريضة، وجدتها أيضاً. هذا جيد.
Le regard étonné النظرة المذهولة
Elle me regardait d’un air étonné ; caressée, embrassée, dévorée de baisers et se laissant faire ; mais jetant de temps en temps un coup d’œil inquiet sur sa bonne, qui pleurait dans le coin.
كانت تنظر إليَّ بمظهر مذهول؛ مداعبة، مقبلة، مفترسة بالقبلات تترك نفسها تفعل؛ لكنها ترمي من وقت لآخر نظرة قلقة نحو مربيتها التي كانت تبكي في الزاوية.
La parole retrouvée الكلمة المستعادة
Enfin j’ai pu parler. — Marie ! ai-je dit, ma petite Marie ! Je la serrais violemment contre ma poitrine enflée de sanglots. Elle a poussé un petit cri. — Oh ! vous me faites du mal, monsieur m’a-t-elle dit.
أخيراً تمكنت من الكلام. — ماري! قلت، ماري الصغيرة! كنت أضغط عليها بعنف على صدري المنتفخ بالشهقات. أطلقت صرخة صغيرة. — آه! تؤلمني، سيدي، قالت لي.
⚡ Monsieur ! ⚡ سيدي! « Elle m’a oublié — لقد نستني »
L’oubli النسيان
Monsieur ! il y a bientôt un an qu’elle ne m’a vu, la pauvre enfant. Elle m’a oublié, visage, parole, accent ; et puis, qui me reconnaîtrait avec cette barbe, ces habits et cette pâleur ? Quoi ! déjà effacé de cette mémoire, la seule où j’eusse voulu vivre ! Quoi ! déjà plus père ! être condamné à ne plus entendre ce mot, ce mot de la langue des enfants, si doux qu’il ne peut rester dans celle des hommes : papa !
سيدي! منذ عام تقريباً لم ترني، المسكينة الصغيرة. لقد نستني، وجهي، كلامي، لكنتي؛ ثم من ذا الذي يعرفني بهذه اللحية، وهذه الملابس وهذا الشحوب؟ ماذا! محوا من ذاكرتها، الذاكرة الوحيدة التي أردت أن أعيش فيها! ماذا! لم أعد أباً! أن أحكم عليّ بأن لا أسمع بعد الآن هذه الكلمة، كلمة لغة الأطفال، الحلوة جداً بحيث لا يمكن أن تبقى في لغة الرجال: بابا!
Victor Hugo — « Le Dernier Jour d’un condamné » (Chapitres XVIII, XXII, XXIII, XXXIII, XXXVIII, XLII, XLIII)